Mission du 20 juin au 7 juillet 2007
     
Visites aux familles  
 
     
 

Catherine et Odile ont consacré la plus grande partie de leur mission aux visites aux familles. La disponibilité de Sandya, la référente locale et la présence permanente d’un interprète cingalais-français ont grandement facilité leur travail. Les visites se sont toujours faites à l’improviste. C. et O. ont rendu visite à 84 familles, ce qui représente 112 filleuls. Elles ont toujours été bien accueillies. Souvent, cet accueil était ému, intimidé même, et parfois empreint de crainte (celle du « pouvoir » de décider de l’arrêt des parrainages). Ces visites se sont toutes déroulées selon la même procédure ; le but étant de réunir des informations sur l’évolution de la situation matérielle des familles, sur la perception régulière de l’argent des parrains, sur l’utilisation de cet argent, sur la scolarité des filleuls et l’échange de courrier. Les familles leur ont surtout fait part de leurs difficultés quotidiennes, de leurs soucis de santé et de leurs problèmes pour assurer dans la durée une scolarité satisfaisante à leurs enfants.

 
     
Familles rencontrées.

C. et O. ont remarqué que de nombreuses familles habitent désormais dans des maisons neuves avec eau et électricité. Quelques-unes malheureusement ont été dans l’obligation de s’éloigner de leur lieu initial d’habitation. Ces maisons, très simples, ont été construites grâce à l’aide d’associations et/ou du gouvernement. Dans de nombreux cas, le mobilier reste sommaire voire pratiquement inexistant. Cependant cette politique de relogement a permis à nombre de familles sinistrées de bénéficier d’une habitation moins insalubre qu’auparavant.

 
     
Deux exemples de reconstruction

Sur le plan professionnel, peu de familles ont véritablement retrouvé une situation comparable à l’avant tsunami. De nombreux sinistrés doivent se contenter de « petits boulots », mal payés et précaires. La majorité des pères sont tâcherons dans le bâtiment ou travaillent autour de la cannelle, quelques-uns sont pêcheurs mais rarement à leur compte. Peu de mères travaillent, le plus souvent celles qui le font fabriquent des cordages avec l’aide de tous les membres de la famille.
Les problèmes de santé sont un souci permanent pour un certain nombre d’entre elles, car être malade ou accidenté signifie ne plus pouvoir assurer un revenu et entraîne des dépenses supplémentaires difficilement supportables pour ces familles aux budgets dérisoires.

C. et O. ont constaté que les filleuls perçoivent sans problème l’aide financière venant de France. Cette aide est principalement utilisée pour le paiement de cours particuliers. Avec cet argent, les familles achètent également du matériel pour l’école et financent partiellement les transports scolaires et les sorties pédagogiques. Il bénéficie à l’ensemble des enfants scolarisés de la famille. Faute de revenus suffisants certaines d’elles l’utilisent aussi pour l’alimentation quotidienne, pour le lait des bébés, les médicaments et les soins médicaux.

Dans chaque famille visitée C. et O. se sont intéressées à la scolarité des filleuls. Elles ont vérifié que ceux-ci étaient toujours scolarisés. Les filleuls leur ont parlé de leur école, de leurs professeurs, de leurs matières préférées, de leurs rêves et de leurs souhaits pour l’avenir. Les familles leur ont fait part de la chance qu’elles ont d’être soutenues régulièrement financièrement et moralement par des parrains.

Dans chaque famille visitée, C. et O. ont fait le point sur les lettres échangées avec les parrains. Elles ont ressenti l’importance de cette correspondance pour la majorité d’entre elles, mais aussi les difficultés à écrire qu’elles éprouvent. Derrière l’excuse du manque de temps qu’elles donnent régulièrement, elles ont perçu le manque d’habitude et la gêne de parler de soi, surtout par écrit, à des parrains qui, malgré les liens tissés, restent des personnes un peu inaccessibles. Avec une très grande sincérité, maintes fois, ces familles leur ont demandé de faire connaître aux parrains l’importance de cette aide à la scolarité de leurs enfants et de leur transmettre toute leur gratitude.

Les informations recueillies dans les familles ont amené l’association à revoir certains parrainages. ESF a mis fin à 26 d’entre eux – pour amélioration de la situation matérielle ou arrêt de la scolarité –, transféré 2, réattribué 4 et intégré 3 nouveaux. Actuellement 180 enfants restent parrainés.


 
     
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