Parrainages individuels des enfants sinistrés
     
Témoignages : carnet de route au Sri Lanka
 
   
 
  du 18 juin au 7 juillet 2005  
     
  18/06/05 : 10h15 arrivée à COLOMBO  
 
Très grosse circulation, nous sommes samedi. Arrêt vers 13h30 à WADDUWA... Puis départ pour ALUTHWALA où nous devons rencontrer un référent d'E.S.F. (Espoir Sans Frontières) se prénommant Grace, pour lui apporter du courrier des parrains français. C'est un professeur d'Anglais qui s'occupe de traduire en Cingalais les lettres pour les enfants. Malheureusement elle a changé d'école et ne peut nous donner l'adresse de Sasima. Nous irons donc directement à l'école lundi. Cette ville a été touchée sur des kilomètres, nous ne voyons que des ruines, des tentes, des maisonnettes en bois, très vive émotion de voir tous ces gens vivre dans des conditions pareilles. Ivan notre guide, nous montre juste au fond du campement, le train qui a été emporté par la vague et où l'on a retrouvé 1200 morts.
 
20/06/05
Nous partons à 9 h pour l'école de SEENIGAMA, où se trouve notre filleule. Cette fois nous pouvons nous rencontrer, timide et toute surprise de nous voir, elle nous emmène dans sa maison. Nous faisons la connaissance de ses deux soeurs et de son père. Son frère est absent et la première soeur est mariée et ne vit plus avec eux. Ils nous offrent une boisson et des gâteaux. Sa maison est très petite pour eux tous, et dénuée de tout confort, on a du mal à s'imaginer cela depuis la France. Par contre leur accueil est des plus chaleureux, tous nous font des sourires immenses. Nous remarquons la grande tendresse qui lie les enfants à leur père, qui ne travaille plus suite à des problèmes de santé. Nous partons à l'école de Malawena où nous devons retrouver une autre enfant Kamini, parrainé par une amie française Sylvie et sa fille Soline, et là le directeur nous explique qu'ayant plu toute la nuit la petite n'est pas venue à l'école, nous comprendrons pourquoi en voyant l'état du chemin. Un jeune garçon nous accompagne en voiture pour aller chez Kamini. A 1,5 km de chez elle, une très grosse ornière nous empêche de continuer, nous y allons à pied. A 200 m de sa maison, la route est carrément coupée par de gros trous remplis d'eau. Ivan demande au jeune garçon d'aller chercher Kamini, et qu'elle nous rejoigne. Arrivée avec sa maman (34 ans) et son frère de 16 ans, Kamini (9 ans) est très surprise de nous voir. Nous lui remettons le cadeau de Sylvie et Soline, mais elle a l'air très triste. Nous discutons avec sa maman, qui nous explique que le papa travaille à la culture de la cannelle. Quand il travaille, il gagne 6 euros par semaine, et en ce moment il n'a pas de travail. C'est une famille très démunie aussi, qui vit dans une maison en torchis.
 
21/06/2005
Nous partons filmer et prendre des photos, dans Yaddehimulla road, la rue qui longe la plage d'Unawatuma, 6 mois après le tsunami les dégats sont encore très importants, certains hôtels ont rouvert leur porte par contre beaucoup de petits restaurants sont encore fermés et réparent selon leur moyen, de plus avec la loi d'interdiction de reconstruire dans la bande des 100 mètres, certains ne veulent pas commencer des travaux, de peur de devoir tout détruire. Des maisons par centaines sont toutes ou partiellement détruites, d'autres sont transpercées de part en part. Des personnes restent dans une toute petite partie habitable de leur maison. La plage n'a pas été beaucoup nettoyée, on y trouve encore des épaves de bateau. Nous continuons jusqu'au camp des réfugiés. Ce camp a été offert par le parti socialiste gouvernemental. Il se compose de trois longs bâtiments où vivent 26 familles, chacune dans une seule pièce. Nous sommes invités à visiter leurs logements. Les premiers arrivés au camp, ont dans cette pièce : 1 lit pour les parents, matelas pour les enfants, 1 table et chaises et batterie de cuisine. Certains ont un ventilateur, car il fait une chaleur étouffante sous le toit en fibro ciment. Nous visitons un autre logement où vient d'arriver un couple et ses 2 enfants M et Mme Bandusena. Cette pièce ne comporte qu'une chaise et 2 petits tapis pour dormir. Ce camp compte 85 personnes qui ont perdu 38 personnes de leurs familles dans le tsunami. Ils ont tous perdu leur maison et leurs biens, et attendent que le gouvernement leur trouve un terrain et leur verse l'aide promise pour reconstruire. La plupart ont perdu leur travail lié au tourisme et n'ont plus de revenu.
 
23/06/2005
Nous partons pour l'école de MALAWENA
Nous allons ensuite sur PERALIYA. Sur des kilomètres il ne reste que des ruines des maisons entièrement rasées dont sur certaines, il ne reste que 2 murs. C'est très impressionnant et désolant. Tous les habitants sont dans des cabanes bois ou sous des tentes déjà en piteux état avec les pluies, d'autres restent dans leur maison à moitié détruite. Il y a quelques maisons de couleur violette qui se reconstruisent avec l'aide du gouvernement, mais vu les dégats, la reconstruction sera très longue. Nous allons voir aussi le train où périrent 1200 personnes, les wagons sont exposés à côté de la nouvelle voie réparée. Les anciens rails sont encore disséminés sur des centaines de mètres, certains sont même enroulés autours des arbres, nous imaginons la violence de cette vague meurtrière.
 
26/06/2005
Aujourd'hui repos, nous attendons notre filleule qui nous rejoint avec sa famille à l'hôtel. Ils sont venus en bus pour passer la journée avec nous. Nous ne remercierons jamais assez Ivan pour son aide, ne parlant pas cingalais, nous aurions eu du mal à communiquer avec eux, grâce à lui, nous savons presque tout sur la famille, leurs conditions de vie plus que précaires. Nous encourageons Sasima à poursuivre ses études. Sasima nous appelle papa blanc et maman blanche ce qui nous a beaucoup émus.
 
30/06/2005
Après déjeuner, nous partons pour l'école de SEENIGAMA, où nous devons rencontrer la représentante d'Espoir Sans Frontières qui vient de France, pour verser l'argent des parrainages sur les livrets des enfants. A 15 h, Renuka arrive accompagnée de Mme Wasanthie ( qui est bénévole ESF pour traduire les lettres cingalaises en anglais) Renuka souhaite notre présence à la réunion et nous l'accompagnons avec joie. Elle nous explique que c'est très difficile pour elle d'annoncer à 5 familles qu'il n'y a pas encore de parrain pour leurs enfants. Renuka vérifie tous les livrets amenés par les mamans et leur explique que l'argent sera versé le lendemain. Renuka explique notre présence et dit aux familles que Sasima a de la chance de nous voir, son papa nous sourit amicalement. Nous demandons à Renuka de leur expliquer que tous les parrains ne pourront pas venir au Sri Lanka, car tous n'ont pas les moyens, mais certainement certains viendront (ce que nous leur conseillons vivement, ce fut très enrichissant pour nous). La réunion durera 2 heures et l'on nous offre gâteaux et boissons.
 
06/07/2005
Nous partons vers 9 heures, accompagnés de Renuka, visiter la pré classe de PERALIYA. Les enfants nous ont chanté des chansons, dansé, et fait de beaux dessins, dont certains sur le tsunami. Certains de ces enfants ont vraiment un regard très triste, qui nous a touché. Nous les quittons à regret pour aller rencontrer un jeune de 18 ans, qui peint sur toiles, sans avoir reçu aucune formation, mais ce qu'il fait est admirable. Il nous montre plusieurs de ses toiles, toutes plus belles les unes que les autres. Ce jeune garçon, au regard triste a vraiment du talent, et Renuka nous dit qu'elle aimerait bien qu'il puisse aller dans une école de beaux arts. Il est déjà midi et nous avons rendez-vous pour un déjeuner d'adieu avec toute la famille de Sasima, Renuka et Ivan. Nous prenons des photos et rentrons à l'hôtel vers 16 heures boire un dernier verre. Nous continuons de parler, parler sans fin, mais la tristesse commence à monter en nous tous. A 19 heures, il commence à faire nuit et ils doivent repartir. Ce fut terrible, nous étions 7 à pleurer à chaudes larmes et Renuka et Ivan étaient eux aussi plus qu'émus. Nous leur promettons de revenir le plus tôt possible, et leur disons que de toute façon notre coeur reste auprès d'eux.
 
07/07/2005
Cette fois, pas le choix, nous faisons nos adieux à Renuka. Nous ne la remercierons jamais assez, pour toute l'aide morale qu'elle apporte aux enfants et aux familles, et elle nous a aidé aussi à comprendre mieux, les habitants de ce beau pays. Un grand merci à elle et à ESF, qui ont fait un magnifique travail dans des petits villages pour aider les plus pauvres.
 
Christiane et Noël
 
 
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