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Idrissa Diara
 

Peintre autodidacte, Idrissa Diarra pourrait raconter sa vie comme un conte de fée. Aujourd'hui, il s'impose comme le peintre naïf du paysage, de la ville et des traditions de Côte d'Ivoire. Auparavant, il s'intéressait à la bande dessinée. Il lui a fallu beaucoup de courage pour déjouer la vigilance de sa famille, pour qui le dessin était un art interdit. Lorsqu'il arrive à Abengourou, il regarde les autres travailler. À cause de son niveau d'instruction, il ne peut faire partie de l'effectif des élèves regulièrement inscrits. Il s'installe dans un coin de la cour de l'école mais se fait bientôt remarquer. Car ce jeune homme est talentueux. Il n'a pas besoin de théorie. Déjà il pratique son art avec perfection. Il reproduit les tableaux de son aîné Losseni. En 1986, il fait partie des Naïfs que présente le Centre culturel français d'Abidjan.
Bientôt, Diarra ferra le tour de l'Afrique et du monde, grâce à l'appui des centres culturels français ou d'autres institutions.
Idrissa Diarra peint, à l'acrylique ou à l'huile sur toile, des paysages merveilleux. Dans son univers, la nature est luxuriante, les animaux vivent en paix les uns avec les autres. La ville est, elle aussi, présente : Abidjan, avec ses ponts, sa cathédrale, ses bidonvilles et ses immeubles. Les contrastes n'échappent pas à l'œil du peintre qui devient voyant. Diarra va plus loin. Il peint l'histoire et les traditions des différents peuples de Côte d'Ivoire. Travail d'ethnologue et de sociologue, d'historien. Curieux de tout, il parcourt le pays avec un pinceau à la main et des images plein la tête. Il peint aussi les malheurs de l'Afrique contemporaine : la sécheresse, l'exode en période de guerre, le Sida... Parfois, dit-il, il a envie de joindre le mot écrit au sujet peint, pour mieux donner à voir.