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Lettre adressée
aux Parrains par Annie Vallée, Présidente
d'ESF
Redon, le 11 mai 2006
Cher Parrain,
Chère Marraine,
Nous voici de retour du Honduras
. Ce fut
un temps extraordinairement riche dactes
rêvés, posés et ancrés,
démotions heureuses et douloureuses,
damitiés découvertes et retrouvées.
Entendez par « Nous »,
Une belle équipe liée et enjouée,
décidée à accepter toutes
les conditions qui viendraient à se présenter
Elle était donc formée par Gérard
et Annie, fondateurs, cest-à-dire,
engagés sans faillir depuis quinze années,
Par Hugues, talentueux Chef dorchestre à
lhumanisme engagé, pensant et vivant
chacun de ses instants au cur même
de notre association,
Par Joachim, jeune chanteur lyrique Membre élu
de notre Conseil dAdministration.
Le Honduras vous connaissez,
Puisque vous parrainez une jeune de ce petit pays
montagneux dAmérique Centrale aux
6 millions dhabitants vivant une extravagante
richesse ou une sordide précarité.
Cest dans sa capitale, Tegucigalpa, que
nous avons principalement uvré. Située
au centre du pays, cette ville dun million
dâmes est bâtie sur les flancs
pentus de la Cordillère des Andes. Plus
lon monte, moins lon tient dans ses
mains la Lempira, monnaie locale au bien faible
pouvoir dachat. Et tout là-haut,
plus délectricité, et de leau
achetée au sceau lors de la livraison hebdomadaire
par un camion lui aussi épuisé de
tant grimper.
Alors, à ce niveau, la misère chasse
la pauvreté
et je vous laisse imaginer
les douleurs engendrées ponctuées
si gentiment par larrivée mensuelle
de votre don financier.
Vingt euros cest à peu près
le quart du salaire moyen de cette fange populaire
lorsque le travail est assuré. Mais vingt
euros cest aussi la présence réconfortante
dune main tendue par un ami qui croit en
lavenir de leur enfant par la scolarité.
Ces parrainage, donc,
Leur responsable administrative et financière
depuis 1998 est Sur Julia Gutierez aidée
par lensemble de sa congrégation
Salésienne pour le repérage des
fillettes en difficulté.
Pour la petite histoire dEspoir, lon
peut aujourdhui classer cette jeunesse parrainée
en deux catégories : « les
fillettes de louragan Mitch »
et celles de la « nouvelle génération ».
Les fillettes Mitch,
Parrainées depuis 1998 elles sont aujourdhui
adultes avec une tranche dâge oscillant
entre 18 et 22 ans. déscolarisées
par la paupérisation liée au passage
dévastateur de louragan, elles ont
été remises sur un banc décole
par votre volonté de les aider.
Le pari est réussi.
Quelques unes sont aujourdhui autonomes
par le travail et les parrainages financiers ont
été basculés à la
demande des parrains sur une autre enfant.
Les autres, dans la grande majorité poursuivent
des études supérieures principalement
liées au débouché économique
actuel : linformatique en milieu bancaire,
mais aussi à leurs affinités individuelles :
assistante sociale, institutrice, secrétaire
.
Elles ont ainsi échappé au « balayage
quotidien des rues » emploi réservé
aux femmes de tous âges qui triment au cur
des microbes, sous la pluie tropicale ou la chaleur
étouffante selon les époques.
La nouvelle génération,
Leur prise en charge est permanente en fonction
des dossiers qui nous sont régulièrement
confiés. Nous favorisons largement lentrée
en second cycle. Si en effet la scolarité
est assez suivie au niveau de lenseignement
primaire, elle lest beaucoup moins pour
lenseignement secondaire, âge où
les enfants peuvent à leur tour soutenir
la précaire économie familiale par
toutes sortes de menus travaux.
La majorité de nos fillettes avait entamée
un processus de placement en tant que « bonne »
au service dune famille plus aisée.
Entendons par « bonne »
le fait dêtre corvéable à
merci, tant physiquement que psychologiquement.
Nous leur avons proposé lécole,
et inutile de vous dire quelles ont apprécié
le changement de statut. Leur motivation est grande
et chacune sefforce dêtre studieuse
pour échapper à un avenir trop incertain.
Une manière aussi de remercier ce « parrain
de très loin » pour ses efforts
financiers.
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| Rencontre
avec les filleuls du Collège Maria
Auxiliadora à Tégucigalpa. |
La rencontre sest faite,
Je vous avais parlé du désir de
les regrouper lors dun après-midi
festif que vous avez pour la plupart soutenu financièrement.
Cela a été fait, mais nous navons
malheureusement pas pu toutes les rencontrer.
Les étudiantes travaillent de 7h à
13 h pour soutenir leurs études et leurs
familles et étudient de 15 h à 21
h à luniversité.
Après cette heure, la vie sarrête
au Honduras : trop périlleux de saventurer
dans les rues de la ville, pourtant surveillées
jour et nuit par une police et des vigiles privés
tous armés. Nhésitant pas
à tirer en cas de peur, ils deviennent
aussi dangereux que les pauvres hères en
quête de quelque bien ou nourriture volée.
Peur aussi de ces milliers denfants et jeunes
de la rue quon nhésite pas
à supprimer sous prétexte quils
pourraient vous attaquer lorsquils tendent
la main. Je pense à Junior, Belkis, Jesus,
El Cholo, Oscar, Nilton, Juan, Diego
et tous
les autres dont personne na pris conscience
de leur disparition en dehors de rares associations
de soutien.
Mais pour nos participantes ce fut un temps magique
où toutes, aiguisées par une vive
curiosité concernant la vie de leurs parrains,
ont cherché quelques réponses à
ancrer dans leurs lendemains !
Entre nous lémotion fonctionnait,
et cela même suffisait pour quelles
comprennent limportance de leur vie dans
la vôtre.
Pour cadeau souvenir elles ont reçu un
sympathique papier français coloré
contenant flacon de parfum et bricoles cosmétiques
faisant toujours plaisir aux filles !
Merci à chacun de vous pour votre générosité
et sachez que le complément financier a
complété le fonds durgence
laissé à disposition des Surs
pour la santé des enfants.
En échange nous avons regroupé
leurs courriers pour les plus chanceux. Certains
Parrains vivent un échange fructueux, dautres
moins. Peut-on leur pardonner lorsquon comprend
que le mécanisme est similaire à
contre-courant !
Au-delà des parrainages,
Il faudrait de nombreuses pages pour vous transmettre
le contenu intégral de ce séjour.
Nous revenons réjouis davoir semé
magie et enthousiasme dans la mémoire de
quelque 220 enfants aux situations allant de lextrême
indigence aux conditions fort précaires
dexistence .Quils vivent soumis à
toutes les violences sous le pont principal de
la ville, ou au sein de leurs familles aux difficultés
multiples, tous ont vécu une dignité
et une reconnaissance méritée lors
de nos deux concerts à la Cathédrale
et à lOpéra.
Des liens croisés se sont établis,
entre enfants, entre les plus hautes autorités
diplomatiques, religieuses et étatiques
et les associations qui sen occupent et
que nous soutenons.
La musique est loutil dexcellence
qui a permis cela
.
Et puis, nous revenons les bras chargés
de dossiers à développer :
Avec le Père français Francis, léquipement
complet du futur hôpital dOjonona ;
avec Léonor directrice de lassociation
Koïnonia, la construction dune garderie
dans les faubourgs précaires de Tegucigalpa ;
avec notre italienne Susanna, directrice de lassociation
Casa Asti, lintégration laccès
à la scolarité pour les jeunes de
la rue ; avec les Surs Salésiennes,
lextension des parrainages ; avec le
Ministère de la Culture, les échanges
de savoirs entre leurs et nos musiciens parisiens.
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| Enfants
de la crèche de Koïnonia |
Mais il nous faut aussi étudier avec le
Père canadien Pedro, les financements favorisant
ladduction deau pour une population
de plus 6000 personnes ; lextension
et léquipement dune clinique
ne couvrant actuellement pas les besoins ;
la construction de nouvelles garderies favorisant
léducation de base des jeunes enfants.
Pour leur permettre despérer, grâce
à lun de nos donateurs privés,
nous avons pu demblée financer en
complément de lUnesco la construction
dun Foyer daccueil pour les enfants
des rues.
Devant une telle tâche, gardons maintenant
intact notre enthousiasme et faisons nôtre
cette pensée de Paulo Coelho :
« la seule chose qui puisse empêcher
un rêve daboutir
cest la peur déchouer »
A très bientôt !
Annie VALLEE
formidablement accompagnée par son équipe
Espoir sans Frontières
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