Une maternité pour que des bébés ne soient plus exécutés


Dans le village de Sékogourou, et bien au-delà, dans la province de l'Atakora au nord du Bénin, perdure une coutume qui consiste à exécuter des enfants porteurs de malheur.

D'après cette coutume, laisser ces enfants en vie dès la naissance, c'est méconnaître les lois de l'au-delà qui veulent qu'un bébé né puis grandissant de manière "étrange" menace sa famille, son village, son ethnie, en apportant maladies et maléfices de toutes sortes pouvant entraîner la mort.
Le remettre au bourreau pour l'éxécuter, c'est lui permettre de se réincarner, un acte salvateur donc pour tous qui favorise alors la vie harmonieuse du village.

Si nul ne connaît l'origine de cette coutume issue du fond des âges, il semble cependant que la peur, la délation et la rumeur aient peu à peu contaminé les pensées de ce peuple Bariba, bercé par le Vaudoux, jusqu'à "inventer" au fil des ans de nouveaux critères d'exécution favorisant le gain des bourreaux. 

C'est parce que Le Révérend Père Pierre Bio-Sanou a été lui-même confronté à la mise à mort au sein de sa famille, qu'il a pris connaissance de ces actes tabous, cachés de tous, et qu'il a décidé d'offrir sa vie pour ce combat.

Pour atténuer son isolement et envisager de possibles actions, le Père Bio-Sanou a alors sollicité le soutien et l'engagement de ses trois amies françaises pour agir au coeur de ce fléau.
Pendant quinze ans, nous avons mené ensemble un travail commun de sensibilisation de la population la plus touchée, ainsi qu'un repérage des bourreaux dont nous avons cherché à augmenter la prise de conscience. C'est ainsi qu'est apparue la volonté des mères d'évoluer et d'accoucher plus intimement dans une structure dédiée à la défense de la vie.

C'est ainsi qu'est né Espoir sans Frontières et Espoir Lutte contre l'Infanticide au Bénin. Avec notre partenaire, nous avons entamé avec la population la construction d'une maternité pour préserver la vie des nouveau-nés jusqu'alors menacés et exécutés :

Pour naître par le siège
Pour naître au huitième mois
Pour naître avec un sixième doigt
Pour naître handicapé

Pour naître avec des germes de dents
Pour naître dans la poche des eaux
Pour se présenter la face contre terre
Dont la mère
meurt en couches

La fréquention de la maternité a rapidement dépassé toutes les espérances, avec des chiffres encore aujourd'hui bien au-delà du taux national. Ceci prouve que les futures mères craignaient et craignent encore l'accouchement traditionnel à domicile et le possible repérage par la matronne d'un indice quelconque de sorcellerie.

C'est ainsi que la maternité de Sekogourou, reconnue officiellement par les Pouvoirs Publics, représente depuis maintenant quinze ans le symbole de la lutte contre l'infanticide rituel entamée il y a quelque 30 années. 


   
 


Et au fil des années ...

En 1997, sur pression de la population locale a été inauguré sur ce site d'un hectare, un véritable Centre de Santé dont l'objectif était de lutter contre les exécutions des nouveau-nés, mais aussi des enfants plus grands victimes de "mauvaises poussées dentaires" de "marche précoce", ou de toute autre anomalie paraissant suspecte aux yeux de la Communauté villageoise.

 

 Ce Centre intègre un Centre de PMI (Protection Maternelle et Infantile) favorisant le suivi des jeunes enfants et servant de poste avancé en brousse pour les campagnes nationales de vaccinations.
Au cours de ces consultations, une vigilance particulière est portée sur la fameuse poussée dentaire qui veut que les incisives inférieures sortent avant les incisivent supérieures.

La vie de centaines d'enfants a été préservée sans que l'harmonie dans les villages alentours ne s'en trouve perturbée, au grand étonnement de leurs habitants.

Le Père Bio-Sanou a été décoré de la plus haute distinction nationale pour cet engagement.


Et aujourd'hui...

Dès le début, la fréquentation de l'ensemble du centre de santé a été importante et constante, en partie puisque le projet émanait de volontés locales de voir évoluer la coutume, mais aussi parce qu'il répondait à un réel besoin de prise en compte de la santé globale de cette population enclavée. 
                
Peu à peu, les mentalités se transforment, par l'évolution normale de toute société, mais aussi par la nouvelle génération qui a suivi notre sensibilisation en milieu scolaire (voir notre chapitre sur les écoles). Cependant, si nous ne pouvons estimer leur nombre, il est certain que trop d'enfants ont encore précocement rendez-vous avec la mort... La population particulièrement menacée concerne les bébés naissant à domicile au coeur des villages où certains bourreaux restent encore actifs.

Le soutien financier et technique d'Espoir sans Frontières s'est arrêté en 2004, comme prévu initialement dans ce projet que s'est depuis approprié la population. Mais c'est évidemment toujours avec plaisir et curiosité que des adhérents de notre ONG se rendent sur place pour maintenir des liens avec cette merveilleuse population composée majoritairement des ethnies Bariba et Peul.
 


Expédition à la Maternité de Sékogourou

mardi 10 février 2009

Gwen essaie d'acheter un testeur-voltmètre à Natitingou : dans la boutique il en trouve deux, d'un prix acceptable... mais qualité chinoise et, après essai, aucun ne marchera. Antoine, une connaissance Yovo, nous présente un copain  qui a un contact avec François, un électricien de Kouandé : celui-ci devrait pouvoir  nous trouver  un testeur à emprunter. 

Taxi-brousse jusqu'à  Sékégourou avec un stop à Kouandé : Antoine et son jeune guide burkinabé nous accompagnent...
Gwen va pouvoir faire les investigations. Sur place, Nourédine, l'infirmier nous donne accès aux panneaux solaires et aux locaux de la Maternité, mais seulement après avoir discuté pour montrer notre fiabilité = c'est normal, non ? 

J'ai trouvé que la Maternité était bien fréquentée le jour de notre passage, le mardi 10 février
Trois bébés sont nés depuis 24 heures ... les mères étaient accompagnées des vieilles et de leurs enfants ; ils sont  nombreux dans la salle des accouchées. 
Cette salle me semble être très sombre...
 
   
 
Journée de vaccinations : plein de femmes (j'en ai compté au moins une quarantaine !) avec leurs enfants. Chacune veut se faire photographier avec son/ses enfants. 
 
Aux dires de NouréDinne Sanda (l'infirmier) et Lamatou (stagiaire) il manquerait du matériel de base, à savoir :
- tables d'examens et de pansements
- boites d'instruments gynéco
- stéthos adultes et enfants
- matériel de sutures. 
 
Nouredinne dit également qu'il faudrait davantage de personnel (possibilité de recrutement au niveau des stagiaires = une Ecole d'aides-soignantes fonctionnerait à Parakou, depuis peu)
Une moto serait d'un bon usage (pour chercher les enfants en retard de vaccinations, et éventuellement pouvoir faire les vaccinations sur place, lors des déplacements en moto).
 
En moyenne : 20/25 accouchements/mois.  
Durée de l'hospitalisation = 1/3 jours  
Personnel de l'effectif  = 1 matrone et 2 infirmiers (une infirmière + un infirmier) ; une aide ; une aide-soignante stagiaire.  
Quand nous sommes passsé : la sage-femme était en formation, et remplacée par l'infirmière.
En cas de difficultés lors de l'accouchement : on appelle le Major, et éventuellement transfert à Kouandé.
Ouverture du Centre de 8h à 18h30 tous les jours, avec des jours spécifiques pour les vaccinations et consultations des enfants en bonne santé.
Tous les jours consultations prénatales.
 


Les abords de la Maternité étaient balayés et propres

Les travaux des lieux pourraient se résumer à  un bon toilettage des faïences, des murs et des sols, une peinture de rafraîchissement des murs au-dessus des carreaux de faïence, le tout suivi d'un entretien régulier.

Nous avions supposé que les femmes faisaient sécher leur linge sur les panneaux solaires : c'est faux, à notre avis. Les panneaux sont inaccessibles, à cause du grillage qui encercle toute l'installation. Il faut y accéder avec une clé. Vu l'état derrière le grillage, on peut conclure que ce lieu n'a pas été visité depuis longtemps.

Notre taxi-brousse est définitivement "gâté" à partir de Kouandé et ne peut pas assurer notre retour à Nati.

Ousmane, qui travaille avec Paul Fagnon à Plan-Bénin comme superviseur, nous reconnaît sur la voie et il va nous trouver un autre véhicule pour le retour.
Je regrette de n'avoir pas revu Pierre à Tanguiéta : mais j'avoue que 9/10 h de bus depuis Ouaga et ensuite en taxi-brousse jusqu'à Nadiagou et Porga et ensuite encore une taxi-brousse jusqu'à Tanguiéta et ensuite... encore un autre jusqu'à Nati.. tout juste avant la nuit.... Et c'est ainsi que Pierre Bio est passé à la trappe !!!

J'avais dans mon programme d'aller à Péhongo voir le Père Patrick, actuel président d'Elib (qui devait faire un séjour en BZH l'an passé - et qui n'a pas voyagé. Aucun réseau de téléphone ne marchait... Péhongo est à  50km de Natitingou, mais aucun moyen de locomotion si ce n'est le taxi-brousse un jour de marché - c'est-à-dire qu'il faut prévoir un  jour pour l'aller, un autre pour revenir  - et un jour sur place, sans savoir si je pouvais rencontrer Patrick... et bien, en bonne bourgeoise languissante d'un peu de confort, j'ai courageusement abandonné.

Michèle et quelques unes de ses amies veulent mettre sur pied une antenne Elib à Cotonou ; je crois que cela se fera ! "Ça" continue !! L'évêque de Nati m'a dit que Bio Sanou était toujours le plus "actif" dans sa campagne infanticide ! et je veux bien le croire car il suffit de voir sa voiture décorée pour la bonne cause !!!
 


 
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